ANIMALITÉ MISE À NU : LES PERSONNAGES DES ROMANS DE KARINE TUIL

Revealed animality: characters of Karine Tuil’s novels
The theme of animal and animality has been linked to literature since a long time ago. We could also find it in a writing of contemporary French writer Karine Tuil. The main characters of her novels (mostly women) are going through stressful life situations that make it possible for the readers to reveal the true depth of the human soul. In the present study we are dealing, among other things, with the question of what situations are turning people into animals – where is “the breaking point” in behaviour, when does man cease to be human and becomes an animal? We are also interested in the reaction of the main character’s surroundings, the Jewish society and the character itself. As the basis of our research, we chose three novels full of irony and Jewish humour from the pen of Karine Tuil: Interdit (Forbidden, published in 2001), Du sexe féminin (About the womankind, 2002) and Douce France (Sweet France, 2007).

Keywords: animal, animality, contemporary French literature, female writing, woman, Judaism, society

Le thème de l’animal et de l’animalité se projette dans la littérature depuis toujours : pensons aux histoires de la Bible, de la mythologie grecque, pensons aussi aux fables et aux contes de fées, vieux comme le monde.[1] On pourrait dire que nous sommes nourris, dès l’enfance, par des représentations animales. La littérature contemporaine ne fait pas d’exception, nous y trouvons une foule d’animaux divers. Pour quelle raison les hommes sont-ils tellement attirés par ce motif ? Qu’est-ce que la relation entre l’homme et l’animal implique dans les histoires écrites, dans la fiction ?

La question qui se pose tout au début, c’est la définition de l’animal : l’homme comme espèce, peut-il être considéré comme un animal ? Y a-t-il a une liaison directe entre les deux ? Et si oui, dans quelles circonstances cette animalité humaine se met-elle à nu ?

La nature des hommes est animale par certains de ses côtés[2]. Cependant, elle diffère de l’animalité autant que possible. Dans son Histoire des animaux, Aristote formule l’idée que le signe de l’humanité est le raisonnement[3]. Peut-on dire que l’animal qui se cache au sein de nous se réveille au moment où l’on agit sans réfléchir, dans les situations tendues ?

En ce sens-là, l’animalité humaine ne serait-elle que la corporéité, l’opposition de la raison[4] ? Il est vrai que les motifs des animaux sont liés à l’apparence physique et au comportement humain inhabituel, déraisonnable, instinctif[5] – cela concerne l’art en général, non seulement la littérature. Néanmoins, il ne faut pas rester au niveau de l’évidence immédiate : les motifs animaliers contiennent souvent un sens plus profond. Rappelons les fables de La Fontaine ou, à l’époque plus proche de nous, La ferme des animaux d’Orwell, La Métamorphose de Kafka ou le Rhinocéros de Ionesco.

Si la mythologie grecque ou la Bible présentent la métamorphose de l’homme en animal généralement comme une sorte de punition[6], les œuvres contemporaines envisagent la comparaison entre l’homme et l’animal comme une manière de pouvoir crypter un sens qui reste ainsi caché au premier regard, mais qui n’en révèle que mieux, au bout du compte, une vérité plus crue. L’homme-animal nous fait prendre connaissance des vices et des faiblesses de l’humanité, il nous permet de mieux découvrir ce que nous sommes.

Nous voyons alors l’animalité comme une possibilité – comme un comportement auquel l’homme peut succomber sous certaines circonstances. Par le zoomorphisme, un personnage gagne des traits animaux, réagit comme un animal. Cet effet de miroir, si cruel, est un des motifs très fréquents dans les textes satiriques[7]. Nous avons cherché des analogies entre l’homme et l’animal dans l’œuvre d’une romancière française contemporaine d’origine juive, Karine Tuil. Les personnages principaux de ses romans (en majorité les femmes) éprouvent des situations difficiles où le fond de l’âme humaine se met à nu. Pour présenter des variations animales dans les romans de cette jeune auteure (née en 1972), nous allons nous préoccuper de la problématique des causes de la « transformation » des gens en animaux, nous allons chercher le moment du tournant où les « masques humains » tombent et l’animalité cachée se manifeste. Deuxièmement, nous nous intéresserons également à la source de l’animalité déclarée et des manifestations de l’« homme-animal » : dépend-elle de l’entourage des personnages, de la société juive et du personnage lui-même ? Pour la base de notre recherche, nous avons choisi trois romans pleins d’ironie et d’humour juif : Interdit (publié en 2001), Du sexe féminin (2002) et Douce France (2007).

Avant d’aborder l’animalité au sens large, il faut brièvement présenter les romans analysés de Karine Tuil et leurs personnages principaux. Commençons par le roman publié en 2001, Interdit : un Juif, Saül Weissmann, ayant survécu au camp de concentration d’Auschwitz, est, à l’âge de soixante-dix ans, confronté à la question de sa judaïté. Au moment du mariage avec Simone, une femme pas trop belle mais soigneuse, il n’est pas capable de présenter au rabbin les preuves matérielles de sa judaïté. Selon la loi juive, il n’est donc pas juif et ne peut pas se marier religieusement. Après avoir été déporté et avoir perdu son pays natal, après avoir perdu toute sa famille, il perd en un clin d’œil son identité et, également, probablement la dernière possibilité d’une relation avec une femme qui pourrait s’occuper de lui pendant ses dernières années. Dès ce moment-là, la vie de Saül bascule complètement : un double psychique s’installe en lui, créant une troublante crise d’identité, entre ce qu’il a été et ce qu’il n’est plus. Finalement, le héros du roman, un « faux » juif, surmonte la dépression, une épreuve difficile de la fin de sa vie, surtout grâce à l’humour juif. Simone, d’une laideur rare mais débordant d’amour, revient pour l’épouser. L’histoire se clôt par l’image en apparence idyllique d’une petite famille : Saül, Simone et son fils, même si dans le subconscient de Saül, un sentiment d’incertitude subsiste.

Dans le roman Du sexe féminin, publié en 2002, l’auteure présente deux héroïnes, mère et fille, Nina et Emma Blum. Emma, femme de 30 ans, vit toujours sous l’autorité maternelle. Nina, mère juive typique et veuve depuis quelques années, manipule son entourage, armée du titre de « bonne mère ». Elle exige, menace, juge, exagère. Emma, à l’âge de trente ans, désire vivre une vie indépendante. Lectrice et correctrice de nouvelles érotiques, en plus en relation avec un homme marié, elle ne correspond pas du tout à l’image que sa mère veut lui imposer, celle d’un mariage et d’une vie plus traditionnelle. Quant à Paul, son frère aîné, il a réussi en apparence à échapper à la surveillance de sa mère, car il vit à New York, marié à une jeune juive « exemplaire ». À cause d’un infarctus, les vies des trois Blums se renversent brusquement. Les deux enfants viennent au domicile familial, les masques tombent sous la pression psychique de la mère : le fils avoue la relation malheureuse avec sa femme et les rendez-vous chez un psychanalyste ; la fille, forcée par sa mère au mariage avec un avocat trop âgé finit par divorcer après quelques mois de leur union. L’amour maternel trop dévorant détruit les vies privées des deux enfants qui n’atteignent jamais leur indépendance.

Le dernier roman choisi, Douce France (2007), raconte l’histoire de Claire Funaro, une jeune journaliste française. Ayant perdu ses papiers, elle est arrêtée par erreur avec des immigrés lors d’un contrôle d’identité sauvage dans les rues de Paris. Elle se laisse arrêter et conduire dans un centre de rétention administrative pour clandestins sans-papiers, en prétendant être une Roumaine immigrée. Elle découvre, en attendant la décision du juge (libération ou renvoi au pays), la tracasserie et le racisme qui règnent dans cette petite « tour de Babel des langues » trop serrée : la manipulation et le racisme du côté des co-immigrés, la machinerie bureaucratique, les mensonges infinis, la peur animale et l’attente hébétée, la course désespérée à n’importe quelle identité qui font partie de la réalité quotidienne de cette petite île isolée dans le centre de Paris. La description cruelle des destins d’immigrés se mêle à une aventure inaccomplie de Claire avec Yuri, un immigré charmant biélorusse ou ukrainien (la question d’identité de cet homme reste ouverte) et adoucit ainsi un récit plutôt amer. L’héroïne principale, à la fois fascinée et choquée, s’identifie pendant son histoire bizarre avec ses parents, Juifs d’Afrique du Nord, immigrés en France dans les années soixante. Même si le « séjour » de Claire (au début) bénévole s’achève par l’expulsion à Bucarest, elle retourne finalement, chanceuse, grâce à l’intervention de son père aimé, en France. L’auteure pose, par l’intermédiaire de ses personnages, la question actuelle : dans quelle mesure peut-on être sûr(e) d’être français(e), si la certitude d’identité et d’appartenance à un pays n’est qu’une illusion ?

Tous les romans de Karine Tuil se caractérisent par un ton satirique et sont riches en animaux et en animalité : pendant la lecture de chaque récit, on tombe sur des images animales, présentées explicitement ; néanmoins, on trouve aussi des allusions plutôt cachées entre les lignes, comme dans la Douce France.

En ce qui concerne l’animalité humaine, nous allons nous concentrer sur trois variations « animales » différentes dans les œuvres de Karine Tuil qui reviennent dans chacune : nous allons les nommer « bête sauvage » représentée par l’agression, « animal mort » caractérisé par l’impuissance et « animal effrayé » se manifestant par la fuite comme instinct de survie.

Bête sauvage : agression

Le motif que nous avons désigné comme « bête sauvage » s’interpénètre visiblement dans tous les trois récits analysés. Commençons par le roman Du sexe féminin où, sous l’amour maternel, une cruauté extrême se cache.

La mère, Nina Blum, est décrite par sa fille comme « harpie hystérique[8] » quand elle entre chez elle pour la pousser au mariage. À cause de son origine méditerranéenne (elle vient d’Alger), elle se « [débat] comme un animal sauvage. Elle [parle] trop et trop fort. Tout en elle [symbolise] l’excès » (SF, p. 39) ; en plus, la gradation de son agression vient avec la blessure causée par la perte de son fils, vivant en Amérique : « et son âme […] gisait en elle tel un animal blessé depuis le départ de mon frère » (SF, p. 42). On sait bien que l’animal, au moment où il est blessé, se défend avec une agressivité accrue. À cause de son comportement, malgré l’assurance incessante qu’elle « ne veu[t] que […] le bien [de ses enfants] » (SF, p. 46), la mère perd complètement la liaison avec ses enfants et, en plus, elle dévaste leurs vies.

Dans le roman Douce France, la bestialité humaine se manifeste généralement dans le contact des Français (policiers, surveillants, juges) avec des étrangers : « J’ai levé les yeux, croisé le regard du juge et soudain, il s’est mis à crier en pointant son doigt vers moi : Partez ! Partez vite ! […] puis il a ajouté : et ne revenez pas[9] ! ». Grâce à l’utilisation des métaphores animales dans les scènes du roman, l’impression de l’oppression et de l’injustice devient encore plus intense. Il s’agit de la collision de deux (ou plusieurs) cultures différentes : les membres d’une culture veulent simplement sauvegarder leur territoire contre les membres d’une autre culture – exactement comme des animaux – et ils n’hésitent pas à utiliser la violence.

En ce qui concerne le roman Interdit, l’animalité humaine se manifeste sous forme de « bête sauvage » surtout dans le personnage de l’« alter-ego » de Saül : la lutte entre deux identités, Juif et non-Juif, est décrite comme un duel d’animaux : « Le voilà qui grattait mes blessures avec ses dents ; il me mordait, me rongeait, me dévorait[10] ».

La dépression de Saül s’aggrave avec le temps et, aux pires moments, il voit toute la société comme ennemie, lui-même n’étant qu’une victime impuissante :

S’il avait la fureur des tourments qui m’habitaient ! Je me sentais traqué par des meutes de loups ! Des hommes me dévoraient à pleines dents ! On m’écartelait ! On m’embrochait ! On m’incisait ! J’étais un cadavre en putréfaction : sans défense, soumis aux pires avanies, rongé par les parasites et la vermine, oublié, misérable […]. (IN, p. 79)

Animal mort : impuissance

Avec le motif du cadavre rongé par les parasites, passons à l’image de l’« animal mort », qui évoque le sentiment de l’impuissance. Commençons par une image atténuée : à côté du « cadavre sans défense », nous trouvons dans le roman Interdit aussi une métaphore plus positive, voire comique, et cela dans la scène où Saül observe son fils, un nouveau-né : « Je l’observais à travers les barreaux du lit faire des mouvements désordonnés avec ses jambes et ses bras comme une coccinelle retournée. » (IN, p. 141)

L’adorable impuissance du bébé contraste avec l’impuissance de l’adulte qui est chez Tuil décrit toujours d’une façon choquante, même grossière. L’image d’un animal mort ou impuissant apparaît aussi dans le roman Du sexe féminin, dans la description de la relation entre mère et fille : Emma, la fille, se sent, à côté de son frère qui est le favori de la mère, comme un animal inférieur qui « ne goutai[t] que les restes froids et indigestes [de l’amour maternel] » (SF, p. 33). Nous tombons sur une métaphore encore plus cruelle quelques pages plus loin : tandis que la mère est décrite comme une harpie, la fille se voit impuissante, comme un animal mort découpé et dévoré par sa mère :

[…] elle brandissait la main droite […] [qui] tenait le couteau de cuisine qu’elle utilisait pour découper la viande. […] sur la table de la cuisine, cadavres d’animaux [gisaient] : volailles entières, côtes de bœuf, rognons de veau – qu’elle dépeçait pour le dîner et dont elle tranchait les têtes, broyait les os, retirait les viscères à mains nues […] mais ce ne fut pas la lame qu’elle me planta, non, seulement sa rancœur. Elle l’enfonçait profondément dans ma boîte crânienne, fouillait mon cerveau éclaté – sans anesthésie –, déchirait mes membranes, sectionnait mes nerfs […]. (SF, pp. 14-26)

L’image très naturaliste exprime parfaitement la souffrance psychique insurmontable qu’on ressent sous la domination d’une bête sauvage.

Dans Douce France, l’emprisonnement des immigrés pourrait être comparé aux animaux dans les cages : impossibilité du mouvement libre, de la communication avec le monde ambiant, accès réduit aux aliments et manque d’hygiène de base. Dans ce roman également, Karine Tuil utilise des métaphores animales :

Qui veut savoir cet Algérien qui s’est déshabillé et badigeonné d’excréments car je ne veux pas partir je suis en danger de mort là-bas, ils vont m’égorger et qui veut savoir les gendarmes avec leur lasso pour l’attraper comme une bête sauvage. (DF, p. 138)

Dans une large mesure, les images ne sont qu’allusives :

[…] dès mon arrivée, je me suis précipitée vers les grilles […] (DF, p. 111)

[…] on a froid dans les chambres, […] ils nous gardent comme ça sans raison. On n’est pas des animaux. On n’est pas des criminels. On n’a rien fait ! (DF, p. 104)

ou

Et vite, se laver de toute cette merde […] la douche avec quatre autres femmes, […] eau brûlante sur peaux brunes et claires, couleurs contrastées […] – hé, le cadavre bouge encore ! – ranimez-le, eau brûlante sur corps glacé. Yeux grands ouverts. Dehors ! (DF, p. 87)

Animal effrayé : fuite

L’instinct de conservation, la fuite en cas de danger, est un motif utilisé fréquemment : les personnages s’enfuient exactement comme des animaux craintifs. Nous pouvons remarquer le parallèle sous-entendu avec la judaïté et la fuite devant la Shoah dans chaque allusion prononcée.

Dans le roman Interdit, quand la police vient et frappe à la porte pour s’informer simplement sur les voisins de Saül ; la réaction de celui-ci est disproportionnée :

Oui, partir. Sauter par la fenêtre […] partir vite – pour aller où ? Quitter les lieux. Oui, se précipiter par la fenêtre du quatrième étage avec mon fils ; je retomberai sur mes pieds. S’enfuir. […] Vite ! S’échapper, s’évader, se sauver. (IN, p. 144)

Emma et son frère dans le récit Du sexe féminin tentent également d’échapper à la terreur psychologique de leur mère – même si la fuite ne sera jamais couronnée de succès.

Le dernier roman analysé, Douce France, a la fuite pour le thème principal et, au fait, à double sens : les immigrés s’évadent de leurs pays natals et, venant en France, le pays de leurs rêves, ils fuient de nouveau, devant l’expulsion inévitable. Les gens sont chassés comme des animaux de tous côtés : « […] si je retourne chez moi mes frères vont me tuer je vais mourir je ne veux pas partir je préférerais me pendre, être emprisonné en France que rentre là-bas » (DF, p. 136). La peur animale est omniprésente : « Anxiolytiques, somnifères, le stress et le manque […] le mal au ventre, l’étau dans la poitrine, […] l’angoisse, dès le matin, l’angoisse de ne pas savoir s’ils vont rester, partir et à quelle heure […]. » (DF, p. 105)

Il est à noter que, plusieurs fois pendant l’histoire, l’héroïne principale relie les sentiments des immigrés contemporains avec ceux de son enfance juive :

[…] tout ce que je dissimulais sous le masque de la citoyenne tranquille, c’était ma peur. […] Lorsque j’apercevais des voitures de police, je bifurquais, changeais de route, j’avais des réflexes de gangster alors que j’étais un écrivain sans antécédents criminels. Mes parents, des Juifs d’Afrique du Nord qui avaient émigré en France à l’âge de dix-sept ans, m’avaient élevée dans la crainte. (DF, p. 11)

Et grâce au « séjour » au centre de rétention administrative, les sentiments et l’identité presque oubliés sont revécus.

Voilà les trois variations animales dans l’œuvre romanesque de Karine Tuil présentées dans les cas cités plus haut. Le premier type de l’image animale, caractérisée par la cruauté des hommes, où l’homme furieux est remplacé par l’image de la bête sauvage, est très étroitement lié à deux autres types d’animaux qu’on peut trouver dans les récits : l’animal impuissant voire même mort, qui vit sous la domination et l’animal effrayé, désespéré, qui voit la seule possibilité de survie dans la fuite. Cet animal est traité d’esclave, la limitation de sa liberté et de ses liens sociaux sont, dans les descriptions de Tuil, à la limite ou au-delà même de la limite entre l’humanité et la sous-humanité. Nous savons bien – et Thomas Hobbes l’a bien dit que l’homme pour l’homme est un loup cruel[11]. Ce fait a été vérifié à plusieurs reprises au cours de l’Histoire de l’espèce humaine.

Il faut noter que ce thème utilisé dans les textes littéraires ouvre la porte à d’autre disciplines qui peuvent enrichir la théorie littéraire, telles la philosophie, la psychologie, la sociologie, l’éthique, l’éthologie ou la culturologie. Bref, la question animale indique de nouveaux chemins de la recherche en littérature.

La question qui se pose, c’est surtout le sens de l’emploi des métaphores animales dans les récits choisis. Premièrement, l’introduction des animaux (soit agressifs soit impuissants) permet à l’auteure d’intensifier le ton satirique, parfois très exaspéré et, disons, typiquement juif, qui se manifeste dans tous ses textes. Deuxièmement, nous voyons dans le sort des personnages animaux la destinée inoubliable du peuple juif. Les héros identifiés par l’angoisse, l’impuissance et victimes de l’agression, représentent-ils un certain héritage de l’identité juive de la nouvelle génération des auteurs appartenant à cette culture ? C’est une idée qui exige, d’après nous, une exploration plus profonde.

BIBLIOGRAPHIE
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AUBERGER, J. : Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? In Contre-jour [en ligne], 2007, n°13, p. 133-151. URL : id.erudit.org/iderudit/2561ac [Consulté le 25/06/2017].
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BLANCKEMAN, B. – MURA-BRUNEL, A. – DAMBRE, M. : Le roman français au tournant du XXIe siècle : figurations et discours. Paris : Presses Sorbonne nouvelle, 2004.
BRUNEL, P. – JACOB, J. (éd.) : Dictionnaire des mythes littéraires. Monaco : Éditions du Rocher, 1994.
NIDERST, A. (éd.) : L’animalité : hommes et animaux dans la littérature française. Tübingen : G. Narr, 1994.
TUIL, K. : Douce France. Paris : Grasset & Fasquelle, 2007.
—    Du sexe féminin. Paris : Plon, 2002.
—    Interdit. Paris : Le livre de Poche, 2012.


[1])  Cet article a été rédigé dans le cadre du projet scientifique SGS IGA numéro IGA_FF_2017_043 (Románské jazyky a literatury: mezi konfliktem a dialogem), réalisé à l’Université Palacký.
[2])  ANZENBACHER, A. : Úvod do filosofie. Praha : Portál, 2010, p. 94.
[3])  DREVET, C. : Nature humaine et nature animale. In NIDERST, A. (éd.) : L’animalité : hommes et animaux dans la literature française. Tübingen : G. Narr, 1994, p. 9.
[4])  Ibid., p. 12.
[5])  BLANCKEMAN, B. – MURA-BRUNEL, A. – DAMBRE, M. : Le roman français au tournant du XXIe siècle : figurations et discours. Paris : Presses Sorbonne nouvelle, 2004, p. 445.
[6])  AUBERGER, J. : Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? In Contre-jour [en ligne], 2007, n°13, p. 133. URL : id.erudit.org/iderudit/2561ac [Consulté le 25/06/2017].
[7])  ASSELIN, G. : Pense-bête. In Contre jour [en ligne], 2007, n°13, p. 66. URL : id.erudit.org/iderudit/2554ac [Consulté le 18/06/2017].
[8])  TUIL, K. : Du sexe féminin. Paris : Plon, 2002, p. 13. Les références seront renvoyées à la présente édition, comme SF.
[9])  TUIL, K. : Douce France. Paris : Grasset & Fasquelle, 2007, p. 99. Les références seront renvoyées à la présente édition, comme DF.
[10])  TUIL, K. : Interdit. Paris : Le livre de Poche, 2012, p. 62. Les références seront renvoyées à la présente édition, comme IN.
[11])   DREVET, C. : Nature humaine et nature animale. Art. cit., p. 23.

Tereza Hemzová
Université Palacký de Olomouc
Faculté des Lettres
Département d’Études romanes
Křížkovského 10, 771 80 Olomouc


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